« Epuiser le champ du possible » (P. Franceschi)

 

 

C’était il y a sept ans je crois. Je me rappelle de chaque seconde. Je ne parviens pas à me souvenir de la date, ça fait comme un grand flou. Mais peu importe. Je ne sais plus trop pourquoi j’avais suivi mon ami Clément qui voulait nous emmener marcher dans le Queyras. Je n’avais absolument aucune expérience de la randonnée. Marcher c’était pour les vieux, moi, mon truc, moi c’était le tennis. Et puis je suis parti, l’air de rien avec mon sac sur les épaules. On a grimpé ce jour-là, jusqu’à s’en rendre malade. J’en aurais crevé plutôt que de leur montrer que j’avais mal. J’ai continué, coute que coute. Je me souviens de ce petit chemin qui serpentait à l’infini, qui s’en allait vers le ciel. Je me souviens de mes pieds qui avançaient tout seul, de mes jambes que je forçais à se lever, de mon corps qui me disait d’arrêter, de mon cœur qui me poussait à continuer. Je me souviens d’être arrivé en haut. Enfin. Et là, rien, le vide, le calme. J’ai souri, je me suis assis, je crois, adossé à la table d’orientation. J’ai observé les montagnes qui s’élevaient au loin. J’ai vu la neige qui brillait, le soleil qui flambait. Je ne savais pas encore qu’on pouvait trouver le bonheur dans la difficulté. Je me suis senti vivant, d’une nouvelle manière. C’était quelque chose de spécial, un petit supplément d’âme. Plus j’avançais, plus je pensais, plus je me sentais en vie. Alors c’était décidé, je n’allais plus m’arrêter. J’allais user mes pieds jusqu’à ce que fatigué, je sente encore monter en moi ce sentiment si intense, celui qui te souffle à l’oreille que la vie est belle et que c’est ça de vivre libre.

Depuis, sillonnant entre mes études puis, mon travail et la vie d’adulte, j’ai essayé de m’adonner à ma passion le plus souvent possible. J’ai parcouru les sentiers de France, grimper le sommet du Maroc, vécu six mois aux pieds des montagnes de l’Atlas. J’ai voulu le raconter, sans omettre un seul détail. J’ai compris que ces voyages m’avaient fait grandir et apprendre des choses que je n’aurais jamais imaginées connaitre. Le voyage est ma thérapie, que j’ai voulu transmettre.

J’espère que vous trouverez ici l’envie de vous évader et de partir, un jour, à l’aventure.

Marchons, voyageurs !