Découvrez le récit de nos quatre jours de décembre dans le massif de la Vanoise ! Suivez le guide !

 

J’en avais rêvé, enfermé dans mon appartement parisien, assis face à une grande fenêtre sans jamais voir le soleil. J’en avais rêvé, des grands espaces, de la liberté retrouvée. Le Covid m’avait fait tant de mal que j’avais fini par croire que je ne repartirais jamais. Alors imaginez ma joie quand l’heure est venue de faire mon sac, de ranger dans mon matelas mon sac de couchage. J’étais aux anges.

Après avoir, depuis Grenoble, exploré le Vercors en long et en large, vu le glacier des Ecrins, on a décidé de s’attaquer au massif de la Vanoise dont on nous avait dit tant de bien.

Les courbes des montagnes alpines m’ont laissé songeur. Une épaisse couche de neige recouvrait le sol et le Massif, sauvage, nous a livré quelqu’un de ses secrets. J’aimerais découvrir la Vanoise en été, peut-être faire le tour des glaciers. En tout cas je reviendrais, je suis amateur de beauté.

 

Le guide topo de la traversée de la Vanoise

 

Les premiers pas

J’ai pris le train tôt le matin du 15 décembre. Il ne faisait presque pas froid dans les rues de Paris. Le couvre-feu était levé depuis quelques minutes maintenant. Le TGV roulait vers Grenoble. J’étais fatigué, mais tellement heureux. Ca me paraissait presque irréel. Après tout ce qu’on avait vécu, enfermé.

Le lendemain, à six heures, quand le réveille a sonné, j’étais déjà près depuis longtemps. On s’est serré dans la petite C1 de mon ami et on a pris la direction de Tignes. Je n’étais jamais allé dans les grandes stations des alpes et j’avais hâte de tout découvrir. Il n’y avait que les virages en épingle qui parvenaient à m’ôter mon sourire. J’avais des fourmis dans les jambes. La neige apparue au détour d’un nouveau virage. C’était beau. Il n’y avait pas grand monde sur la route. Les stations étaient désertées, le ski était interdit encore et c’était bien notre veine. On a coupé le moteur sur un parking vide

 

L’excitation monte à l’approche de l’arrivée

 

Un demi-échec

Les raquettes pour marcher dans la neige, oui, mais avec une trace. Que ce fut dur ce départ. J’allais puiser dans ma motivation les forces nécessaires à lutter contre la neige et le vent frais qui me brulait la gorge. La neige était tombée la semaine dernière, elle était encore fraiche. On a marché près de trois heures sans avancer. La neige était partout, le paysage grandiose. Le silence était saisissant. Nous étions proches du solstice d’hiver, les journées sont courtes à cette époque. A ce point, assis et résigné, il a fallu se rendre à l’évidence, nous n’arriverions jamais au refuge avant la nuit. Il fallait faire un choix. On est reparti. En arrivant à la voiture une seconde fois aujourd’hui, j’avais la gorge nouée, ça me rappelait le Maroc et ce maudit sommet où j’avais échoué avant de parvenir en haut. Mais ne soyons pas rancunier. Comme a dit Mike Horn un jour, ce n’est jamais un échec, en montagne, quand on revient vivant.

 

Le froid est saisissant malgré le beau temps

 

 

Nouveau départ

Pour se consoler, la nuit a été courte et remplie de rhum. Sylvain Tesson est décidément d’une très mauvaise influence. Tignes était désert quand nous l’avons quitté le lendemain. On allait poser nos valises dans un refuge d’où on voyagerait en étoile. La neige était trop dense pour pouvoir faire autrement. On a fait une belle balade jusqu’au refuge de la Laisse. Le soleil était bas mais brillait sur la neige. Assis au col de la Leisse, découpant un morceau d’Abondance, j’avais presque chaud. On guettait les avalanches, les chamois et les bouquetins. On n’a rien vu, que le ciel qui ressemblait à l’océan et la cime des montagnes qui se dessinaient autour de nous. Puis, on a traversé un lac gelé pendant de longues minutes avant de plonger vers le refuge. On était seul au monde. Et la nuit tombait, le ciel clair et les étoiles qui semblaient nous attendre pour illuminer le ciel.

 

Les premières lumières apparaissent

Le photographe est à l’affut des changements de lumières

 

Les mots de la fin

Le chemin est toujours trop court, on est à peine arrivé qu’on voit déjà la lumière qui faiblit. J’ai de la peine. Enfin pas vraiment, je n’aime pas écrire en marchant, je suis chez moi, de retour. Je préfère écrire avec le recul nécessaire à la compréhension des choses, des émotions, quitte à en oublier parfois ou à en travestir le sens. J’avais de la peine donc. J’ai du mal à revenir des belles choses. C’est cruel que ma vie, pour l’instant, soit derrière un bureau tant je chéris la nature. Un jour viendra. Le lendemain on a grimpé au col de la Leisse en face de la cabane. C’était plutôt facile et la récompense était belle. Nous étions les premiers de la saison. La neige était intacte. En redescendant, glissant allégrement dans la poudreuse, j’ai ri. J’étais en paix. Puis il a fallu rentrer. C’est cruel.

 

Gravir les cimes

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