Capri est un mythe, presque une légende. On était intimidés quand on a posé nos premiers pieds sur l’île. Oscar Wilde, Grace Kelly, Jackie Kennedy, Picasso, Jean Cocteau, à l’époque, de grands noms ont été attirés par Capri. Elle devait être belle cette île pour accueillir tant de monde. Quand on pose les pieds à Capri, on ne voit que la mer, les arbres, le soleil et le Monte Solaro qui domine l’île de ses 589 mètre de hauteur. J’avais tellement peur que sa popularité ne lui hôte son charme naturel. Nous en étions secrètement terrifiés. Alors, Capri, indispensable ? Suivez-le guide !

Les petites allées de Capri sous le soleil

 

Comment se rendre à Capri ?

Capri est accessible assez facilement depuis beaucoup d’endroits sur la côte, des navettes partent plusieurs fois par jour de Naples, Sorrento, Ischia, Amalfi, Positano, Procida ou encore Salerno. Les tarifs varient beaucoup en fonction de votre port de départ. Pour vous donner une idée, l’aller-retour depuis Naples, c’est 1h20 environ de navette pour un prix autour de 80 euros. Pas donné donc. Pour ce qui est des compagnies maritimes, il en existe quatre différentes. On a essentiellement voyagé avec SNAV et Caremar que l’on conseille surtout car ce sont les moins chers.

 

Les immanquables de Capri

 

L’arco Naturale 

Pour notre première journée sur l’île, on s’est rendu en bus dans la ville de Capri pour rejoindre à pied « l’Arco naturale » dont toutes les cartes nous parlaient. La ballade est superbe et on la conseille vivement. Pas besoin de chaussures de marche, ça ne grimpe pas et les routes sont en bon état. Pendant 45 minutes, en partant de Capri, la voie est indiquée et on entrevoit la nature sauvage de Capri.

 

Le fameux « Arco Naturale »

 

Capri et Anacapri 

Capri n’est pas grande, à peine dix kilomètres carré de superficie. Elle se divise en deux villes : Capri et Anacapri. Carpi est plus prétentieuse, plus chère, plus tout simplement. On a préféré le charme discret d’Anacapri, ses petites ruelles pavées, ses boulangeries cachées. On y a même trouvé une église splendide à ne pas manquer, dont le sol est entièrement composé de mosaïque, une merveille pour les yeux ! Capri est à visiter bien sûr, elle aussi prétentieuse que belle, sa vue imprenable sur la marina est splendide, ses jardins aussi. Finalement, les deux villes sont vraiment petites, il ne faut pas plus d’une journée pour voir les deux, flâner dans les ruelles chaudes et s’abriter sous un parasol pour déguster une glace.

 

Les serpents de la via Krupp vu des jardins de Carpi

 

La villa Jovis et les jardins de Tiberius 

On a longuement hésité, entre coup de cœur et déception. La villa de l’ancien empereur Tibère se trouve sur les hauteurs de l’île. On y accède à pied par une petite marche de 40 minutes, éprouvante quand il fait chaud. La villa aurait été achevée par l’empereur en 37 après J-C, de quoi donner des frissons historiques. Pourtant, quelle déception, le site est tenu par deux gardes, on y paye 10 euros par tête, sans même un ticket en échange. Le site est étonnement bien conservé, et pourtant, tout est laissé dans le plus grand abandon. Les plantes grimpantes ont envahi les ruines, des chèvres se promènent entre les pierres. Rien n’indique qu’on se trouve sur un site historique. Les explications sont succinctes et pas à même de nous consoler.

Heureusement, c’est à la sortie de cette villa que l’on fait LA découverte de Capri : le « parco Astarita ». La vue est imprenable sur l’océan et les falaises de l’île. Les escaliers, nombreux, sont impressionnant et descendent à flan de rocher pour offrir des points de vue spectaculaires. Immanquable !

 

Les escaliers du « parco astarita » sont épuisants

 

Nos petites déceptions

 

Le Monte Solaro

Pour nous, la petite, légère, très légère déception d’un magnifique voyage. Faute de temps, on n’a pas pu monter à pied au Monte Solaro. Grosse déception de toute façon, la vue n’est pas exceptionnelle et le mont a été colonisé par des gens dénués de goût musicaux qui ont transformé une montagne en restaurant de luxe. Je n’en dirais pas plus. N’y allez pas, ou à pied !

 

Où manger à Capri ?

J’aurais pu choisir de mettre cette chronique sur la nourriture de Capri dans les déceptions. Clairement, nous qui venions de séjourner à Naples, où l’on avait si bien mangé, on a été bien déçus. Capri a cela de désagréable, il faut le savoir avant de s’y rendre, c’est cher. L’île est réellement hors de prix et la nourriture ne fait pas exception. On a mangé le premier soir dans une pizzéria et cela nous a amplement suffit. C’est simple, pour bien manger à Capri, il faut en avoir les moyens. Les restaurant de abordables ne sont pas exceptionnels et presque trois fois plus cher que ce qu’on peut trouver sur la côte. Décevant, évidement, mais Capri est si belle qu’on l’a pardonnée.

 

Où dormir sur l’île ?

Entre Capri et Annacapri, on a vite fait notre choix. On avait décidé de louer pour la nuit un petit B&B un peu à l’écart d’Annacapri. Annacapri est située sur les hauteurs de l’île et est réputée plus plus calme et authentique que sa voisine. Il faisait un temps superbe lorsque nous avons posé nos valises. La fenêtre s’ouvrait sur un jardin tropical, et, au fond, la mer. J’avais cette curieuse impression d’avoir été parachuté sur une île déserte au milieu de l’océan. Nous étions dans une petite rue calme, loin de l’agitation que l’on nous avait promise.

Nous avions trouvé un B&B en passant sur Booking, la nuit nous a coûté 120 euros, quand on vous disait que c’était un budget cette île ! L’hôtel s’appelle « villa Damecuta », on vous la recommande chaleureusement, l’hôte était d’une gentillesse infinie et elle nous a apporté tous les conseils possibles. Le matin, on a profité d’un petit-déjeuner fait avec des produits frais et fait maison. Avec vue sur mer, c’était superbe !

 

On aperçoit au loin le début de la côte Amalfitaine

 

Alors Capri, indispensable ?

 

On a flâné dans les rues de Capri, à la découverte de trésors cachés. On a vu des jardins et des villas, des bateaux qui mouillent dans la baie. On s’est pris à rêver nous aussi d’avoir notre villa dans ce petit paradis. On aurait une grande et vieille maison, dans un coin perdu, de la fenêtre de notre chambre, on verrait la mer et du salon le soleil qui, le soir, descend lentement dans l’océan. On a cherché un nom pour notre villa. Capri : rêve éveillé.

Finalement, ce fut trop court. On aurait aimé ne jamais partir, rester, attendre le départ des touristes, profiter de Capri comme le font les quelques chanceux qui habitent ici. Il doit bien y avoir une vie à Capri, sans les touristes. Il doit y avoir un Capri méconnu, des villas isolées, joyaux oubliés. J’ai eu de la tendresse pour cette île que le monde avait tant foulé qu’elle en avait souffert. S. Tesson disait : « Un jour les sentiers se vengeront d’avoir été battus ». Capri devait avoir de la haine à revendre. Mais on s’en contentera. En quittant l’île on se sent chanceux, chanceux d’avoir pu profiter de cette île alors que le Covid l’avait rendu vivable, chanceux d’avoir marché dans les pas d’Oscar Wilde et d’Audrey Hepburn. Capri est spéciale, il y a ici une atmosphère particulière, difficile à décrire. En bref : on a adoré !

La baie de Capri sous le soleil du soir

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